Textes & Chants de tradition

mercredi 22 octobre 2014

TEXTES ET CHANTS DE TRADITION

LA PHRASE

« Officiers très bahutés de la non moins bahutée promotion...,
en ce jour ... de l’an de grâce ..., le vent soufflant toujours du Grand Carré, ainsi que les nombreuses directives du chef de bataillon directeur des services militaires, de l’infanterie et du reste, le Poireau étant toujours aussi vert mais n’étant pas aussi tannant, la Chichi dirigeant toujours l’ensemble des services, y compris celui du capitaine Bulle, les officiers étant toujours aussi bahutés et les bazars aussi ridicules que grotesques, ce dont je suis d’ailleurs le plus parfait exemple, le Capitaine ... étant de service, le lieutenant ... étant de garde, l’officier Kléber galopant toujours sur son piédestal, le cavalier Marceau chaussant toujours son étrier à l’envers, le Coquillard étant toujours sans sous-pieds, le 240 toujours à sa place, le 220 aussi long, le 155 aussi court, le 75 aussi rapide, le képi toujours aussi municipal, les chaussettes au fixe, les godillots au cran de l’abattu, j’ai le grand, très grand, suprême honneur de vous rendre compte de ce qu’il ne reste plus que ... jours avant que ne luise à vos yeux éblouis, émerveillés, transfigurés l’aurore resplendissante du PDB. Qu’on se le dise, virgule, qu’on se le redise, point et virgule, qu’on se le fourre, deux points, dans la tête, un point c’est tout.

LA GLOIRE

LA GLOIRE
Voulant voir si l’École était bien digne d’Elle,
La gloire, un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr.
On l’y connaissait bien, ce fut avec plaisir
Que tous les Saint-Cyriens reçurent l’Immortelle.
Elle les trouva forts, ils la trouvèrent belle.
Après trois jours de fête, avant de repartir,
La Gloire voulant à tous laisser un souvenir
Fixa sur leur shakos des plumes de son aile.
Ils portèrent longtemps ce plumet radieux.
Mais un soir de combat, près de fermer les yeux,
Un Saint-Cyrien mourant le mit sur sa blessure
Afin de lui donner le baptême du sang.
Et depuis nous portons, admirable parure,
Sur notre shako bleu, le plumet rouge et blanc.
De l’Élève-Officier ROLLIN - Promotion SUD-ORANAIS (1902-1904)
* La Gloire n’est pas un chant, mais un poème tradi des Saint-Cyriens

LES FINES

LES FINES
Il est d’un usage constant
Qu’en tous pays et en tous temps
Il soit au monde de bons enfants
Que l’on débine
On les appelle de noms d’oiseaux
De j’m’en-foutistes de rigolos
Mais à Saint-Cyr pour eux repos
Ce sont les fines.
Pourquoi les appelle-t-on ainsi
Nul encore ne l’a jamais dit
C’est qu’avec eux tout se finit
Tout se termine
Insoucieux de leur destin
Toujours joyeux et pleins d’entrain
Ils pompent seulement le Pékin
Ce sont les fines.
S’ils ont des calots bahutés
C’est sûrement pas par méchanceté
Ni pour braver l’autorité
Qui les taquine
Mais c’est qu’à tire-larigot
Qu’ils sortent ou qu’ils aillent au cachot
Ils font toujours de même calot
Ce sont les fines.
Si leur tunique n’a pas de cornard
Ils disent que ça viendra plus tard
Çà fait tout de même de bons cyrards
Que l’on estime.
Et qu’on attend impatiemment
Car voyant Paris moins souvent
Ils ont plus d’nerf et plus d’argent
Ce sont les fines.
S’ils terminent les listes de classement
C’est qu’à Saint-Cyr pendant deux ans
A boire la pompe éperdument
Nul ne s’échine.
Mais allez dans les salles de jeux
Sur les marbres blancs glorieux
Parmi tant de noms valeureux
Y’a bien des fines.

LES CASOS

LES CASOS
Quand les cyrards quittant l’école
A Paris débarquent gaiement
Les casos frisés par le vent
Se répandent en bandes folles
Ils flottent, ils flottent gentiment
Les Casoars rouges et blancs.
Ils font l’objet des rêveries
Des mamans berçant leurs bébés
Des potaches à l’air blasé
Leur jettent des regards d’envie
Ils fuient rapides et légers
Comme des rêves ébauchés.
Ils vont là où le cœur les mène
Au nid d’amour pour s’y griser
De caresses et de baisers
Dont ils sont privés en semaine
Ils frôlent des minois charmants
Les Casoars rouges et blancs.
Mais quand là-bas à la frontière
Le canon les a appelés
Ils vont combattre en rangs serrés
Pas un ne regarde en arrière
Ils sont les premiers à l’assaut
Les valeureux petits Casos.
Rouges et blancs ils sont l’emblème
Des amours noyés dans le sang
D’adieux que le cyrard mourant
Fait porter à celle qu’il aime
Ceux là font couler bien des pleurs
Qui sont tombés au champ d’honneur.
Tantôt les caresses des femmes
Tantôt les balles et les boulets
Aimer mourir c’est leur métier
De servir la France et les dames
Voilà ce que disent en mourant
Les Casoars rouges et blancs
De l’Élève-Officier SAINT-SAUVEUR-LORRAINE
Promotion MARCHAND (1898-1900)

LES OFFICIERS

Les Officiers
Le dimanche à Versailles
Les Saint-Cyriens guerriers
Se rangent en bataille
Se mettant à chanter
Refrain :
Ohé ! Ohé ! Vivent les Officiers de France
Ohé ! Ohé ! Vivent les Officiers Français
Sur le fort de Montrouge
Les canons sont braqués
Et si le Pékin bouge
On lui fera chanter
(Refrain)
Si le Pékin rouspète
Il se fera cirer
Cirer sur les roupettes
Jusqu’au jugement dernier
(Refrain)
Si ta femme est gentille
Pékin fait la passer
Sinon gare à ta fille
On lui fera chanter
(Refrain)
Quand le soir en province
Un Casoar parait
Toutes les femmes en pincent
Pour l’Officier français
(Refrain)
Quand nous irons en Chine
Les femmes des mandarins
Nous sucerons la pine
Au son des tambourins
(Refrain)
Quand nous irons au pôle
Les femmes des esquimaux
Nous les rendrons plus molles
A grands coups de plumeaux
(Refrain)
La France est notre mère
C’est elle qui nous nourrit
Avec des pommes de terre
Et des fayots pourris
(Refrain)
L’Alsace et la Lorraine
En ont marre de plier
Sous la botte prussienne
On les entend chanter
(Refrain)
Dans la lande bretonne
Le grand vent a soufflé
Et le monde s’étonne
D’entendre encore chanter
(Refrain)
Combattre avec courage
Et mourir sans regret
C’est le fier apanage
De l’Officier français
(Refrain)

LA GALETTE

LA GALETTE
Noble galette que ton nom
Soit immortel en notre histoire
Qu’il soit ennobli par la gloire
D’une vaillante promotion !
Et si dans l’avenir
Ton nom vient à paraître
On y joindra peut-être
Notre grand souvenir.
On dira qu’à Saint-Cyr
Où tu parus si belle
La promotion nouvelle
Vient pour t’ensevelir.

Soit que le souffle du malheur
Sur notre tête se déchaîne
Soit que sur la terre africaine
Nous allions périr pour l’honneur,
Ou soit qu’un ciel plus pur
Reluise sur nos têtes
Et que loin des tempêtes
Nos jours soient tous d’azur
Oui tu seras encore
O galette sacrée
La mère vénérée de l’épaulette d’or.
Toi qui dans nos malheurs
Fus une compagne assidue
Toi qu’hélas nous avons perdue
Reçois le tribut de nos pleurs ;
Nous ferons un cercueil
Ou sera déposée
Ta dépouille sacrée
Nous porterons ton deuil,
Et si quelqu’un de nous
Vient à s’offrir en gage,
L’officier en hommage
Fléchira le genou.
Ami il faut nous réunir
Autour de la galette sainte
Et qu’à jamais en cette enceinte
Règne son noble souvenir.
Que ton nom tout puissant
S’il vienne un jour en larme
A cinq cents frères d’armes
Serve de ralliement :
Qu’à défaut d’étendard
Au jour de la conquête
Nous ayons la galette
Pour fixer nos regards.
Chant de triomphe de la promotion « d’Isly » 1843-1845 (Élève-Officier BOUISSET)

LE PEKIN DE BAHUT

LE PEKIN DE BAHUT
Trois Saint-Cyriens sont sortis de I’enfer
Un soir par la fenêtre
Et I’on dit que monsieur Lucifer
N’en est plus le maître.
La sentinelle qui les gardait
En les voyant paraître
Par trois fois s’écria :
Halte-la ! Qui va la ? Qui vive ?
Et les trois bougres ont répondu :
Ce sont trois Saint-Cyriens qui sont Pékins de Bahut !
Oh ! Pékin de Bahut
Viens nous t’attendons tous
Nous leur ferons tant de chahut
Qu’à la pompe,
Ils en seront fous !
Un soir, dans une turne immense
Six cents martyrs étaient assis,
Les uns disaient : Ah ! Quelle chance !
Dans six mois nous seront partis.
Les autres d’un air lamentable
Contemplant leurs anciens avachis
Disaient : dans six mois, pauvres diables
Comme eux nous serons abrutis.
Oh ! Pékin de Bahut
Viens nous t’attendons tous
Nous leur ferons tant de chahut
Qu’à la pompe,
Ils en seront fous !
0 vous qui !
Dans I’espoir de Saint-Cyr
Palissez sur de noirs bouquins
Puissiez-vous ne jamais réussir
C’est le vœu de vos grands anciens
Si vous connaissiez les horreurs
De la pompe et du bataillon
Vous préféreriez les douceurs
De la vie que les pékins ont.
Oh ! Pékin de Bahut
Viens nous t’attendons tous
Nous leur ferons tant de chahut
Qu’à la pompe,
Ils en seront fous !

Coq de la “Grande Bosse
Coq de la “Grande Bosse”
Tourné vers l’EST, ce coq annonce l’aube resplendissante du « PDB », jour béni qui marque le départ des élèves vers une vie qu’ils pensent meilleure.

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